Les Déferlantes de Claudie Gallay
"J'aurais pu faire un geste, il se serait retourné. Peut-être. Je me suis collée encore plus au mur. Je fais partie de ces gens qu'on ne voit pas. Pas assez belle. Pas assez laide aussi sans doute. Un entre-deux. Déjà adolescente, dans les surprises-parties, c'est les autres qui dansaient". p 377
"Et il y a toujours d'autres histoires. Il suffit d'un rien, parfois, un angélus qui sonne, des êtres qui se rencontrent, ils sont au même endroit.
Eux qui n'auraient jamais dû se croiser. Qui auraient pu se croiser et ne pas se voir.
Se croiser et ne rien se dire.
Ils sont là." p 478
_____
Juste deux jolis extrait sur les relations humaines... quant à l'histoire elle...
La Hague...
Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête.
Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes ? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Ce livre est magnifique.